L'aide aux personnes en deuil après un départ soudain (suite)
Lorsque la mort survient brutalement, au beau milieu d'une série de projets, d'activités et d'habitudes, elle chambarde tout. Le déroulement prévu de la vie s'interrompt soudain pour tout ce qui concerne le défunt et les relations que ses proches entretenaient avec lui. La nouvelle réalité, celle de l'absence, est si inattendue que cela provoque un sentiment d'irréalité, car les réflexes psychologiques sont toujours là. Ils n'ont pas eu le temps de changer. Par exemple, lorsqu'un conjoint meurt d'une crise cardiaque, celui ou celle qui reste aura le réflexe d'agir comme si le disparu était toujours là : le consulter comme avant, l'intégrer dans ses projets comme avant, tenir compte de sa présence comme avant. C'est une réaction normale qui dure un certain temps : le temps de défaire ces réflexes, d'apprendre en quelque sorte, dans chaque geste quotidien ou habituel, que le défunt n'est plus là, c'est-à-dire d'intégrer la réalité de la mort et de l'absence. La désorganisation qui suit le décès soudain d'un proche est donc tout à fait normale.

Source : Roger Régnier et Line Saint-Pierre, Deuil-Ressources.