L'aide aux parents en deuil d'un enfant, les cas particuliers de la fausse couche et de l'enfant mort-né (suite)
Une véritable tristesse s'empare de la mère, laquelle s'accompagne souvent d'un profond sentiment de culpabilité. Par exemple, il arrive qu'une femme qui a eu une interruption volontaire de grossesse dans le passé considère ce qui lui arrive comme « un juste retour des choses ». D'autres s'en veulent d'avoir pris des médicaments pour soulager un mal de tête pendant la grossesse. Plusieurs se demandent si elles n'ont pas provoqué la mortalité intra-utérine par un surcroît de travail, par des activités sportives, par des relations sexuelles ou par une alimentation inadéquate. Et on constate souvent que confrontées à l'incompréhension de leur entourage, d'aucunes se sentent même coupables de leur tristesse!

En outre, pendant une certaine période, le climat risque d'être difficile au sein du couple. La femme peut conclure à l'insensibilité d'un conjoint qui reprend ses activités comme si rien ne s'était passé. Il peut avoir choisi d'oublier son chagrin ainsi, mais il arrive aussi qu'il se sente moins concerné parce qu'il n'a pas vécu le traumatisme physique. Dans de nombreux cas, cependant, il semble que le conjoint masculin soit porté à reléguer ses émotions au second plan afin de mieux soutenir sa conjointe.

Sources : FRÉCHETTE, Lucie, Deuil à la suite d'accidents de procréation et de décès de nourrissons, Revue Frontières, Vol. 9, # 3, Université du Québec à Montréal, 1997.
MERCIER, Johanne, La fausse couche, un drame mal compris, LA PRESSE, C2, Montréal, 10 avril 1994.