Le deuil collectif (suite)
Parce qu'il est issu d'un événement déstabilisant pour toute une
communauté, le deuil collectif a des répercussions qui s'étendent bien
au-delà des familles touchées. Dans notre société si individualiste, il
force le passage à un mode de pensée collectif : plutôt que de
s'arrêter à évaluer l'effet de la mort sur sa famille ou sur soi, on
cherche à en comprendre la portée sociale. La mort et le deuil
acquièrent ainsi une toute autre dimension. La mort collective peut
provoquer une onde de choc importante dans la société. Par effet de
retour, elle est cependant l'occasion pour les personnes en deuil de
trouver un appui plus fort dans la collectivité.
Comme il se déroule en partie sur la place publique, le deuil collectif permet à ceux qui le vivent de mieux combattre le sentiment de solitude éprouvé devant la mort. Cela est vrai lorsqu'elle fauche d'un seul coup plusieurs vies, mais aussi lorsqu'une personne connue meurt. Le caractère public de l'événement peut aider les personnes plus directement touchées à laisser s'exprimer leurs émotions ; elles peuvent également mieux mesurer l'héritage social de la personne disparue en prenant conscience qu'elle existait pour d'autres, qu'elle avait un rôle à jouer non seulement dans la famille mais aussi dans la collectivité.
En obligeant les personnes éprouvées à mettre de côté, pour un temps du moins, leurs relations strictement personnelles avec le défunt, le deuil collectif peut ainsi faire grandir le sens civique des gens, et rendre plus fortes la cohésion et l'identité sociales.
Source: Entrevue avec Luce Des Aulniers, anthropologue, professeur au Département des communications et au Centre d'études sur la mort, Université du Québec à Montréal.
Comme il se déroule en partie sur la place publique, le deuil collectif permet à ceux qui le vivent de mieux combattre le sentiment de solitude éprouvé devant la mort. Cela est vrai lorsqu'elle fauche d'un seul coup plusieurs vies, mais aussi lorsqu'une personne connue meurt. Le caractère public de l'événement peut aider les personnes plus directement touchées à laisser s'exprimer leurs émotions ; elles peuvent également mieux mesurer l'héritage social de la personne disparue en prenant conscience qu'elle existait pour d'autres, qu'elle avait un rôle à jouer non seulement dans la famille mais aussi dans la collectivité.
En obligeant les personnes éprouvées à mettre de côté, pour un temps du moins, leurs relations strictement personnelles avec le défunt, le deuil collectif peut ainsi faire grandir le sens civique des gens, et rendre plus fortes la cohésion et l'identité sociales.
Source: Entrevue avec Luce Des Aulniers, anthropologue, professeur au Département des communications et au Centre d'études sur la mort, Université du Québec à Montréal.
