La tradition bahá’íe à l'enseigne de la simplicité (suite)
Du caractère universel de la foi bahá'íe découle une vie communautaire répondant aux besoins des adeptes, laquelle est organisée autour d'une assemblée spirituelle élue dans chaque communauté plutôt qu'autour d'un clergé. Les membres de la communauté se rencontrent à tous les 19 jours (un mois dans le calendrier bahá'íe), afin de prier, de partager des informations et de discuter. Ces rencontres, de même que les activités sociales, peuvent se dérouler dans les centres bahá'ís (il en existe à Montréal, à Pierrefonds et à Québec) ou à l'endroit qui convient le mieux aux membres de chaque communauté.

La représentation de la mort
Les bahá'ís considèrent que la vie dans ce monde constitue une préparation à la vie dans l'au-delà. Selon les enseignements bahá'ís, la vie et la mort font partie du processus éternel de croissance par lequel l'âme de tout individu évolue en se rapprochant de Dieu. Bahá'u'lláh dit qu'il n'y a pas de réincarnation et que la mort est la réunion avec Dieu.

Les principes régissant les pratiques funéraires
Pour aborder la question des pratiques funéraires, il faut garder en mémoire que la foi des bahá'ís est universelle et ne se manifeste pas par des pratiques rituelles régies ou administrées par un clergé; que les membres de la communauté bahá'íe conçoivent que la transition de l'âme vers l'au-delà se fait de façon graduelle; et que l'on ne doit pas perdre de vue l'importance toute relative du corps par rapport à celle de l'âme.
Cette vision des choses explique que pour les adeptes de la foi bahá'íe, les cérémonies entourant le décès doivent à la fois respecter l'ordre naturel des choses et demeurer simples, mais flexibles.

Les lois relatives à la disposition des dépouilles
Certaines lois bahá'íes entrent en vigueur au rythme de l'évolution de chacune des communautés locales, mais en matière de disposition des corps, les quatre préceptes suivants doivent être observés par tous les adeptes de la religion:

  • L'embaumement est proscrit, à moins que la loi du pays ne l'exige.
  • L'incinération est interdite, de même que le recours à tout autre moyen accélérant le processus naturel de décomposition du corps.
  • Le lieu d'inhumation doit se situer à une distance maximale d'une heure du lieu où le décès est survenu, une pratique qui marque, entre autres, la primauté de l'âme sur le corps.
  • Pourvu que la dépouille mortelle soit traitée avec dignité, les bahá'ís peuvent léguer leur corps ou leurs organes à la science.

La préparation de la dépouille et son inhumation
En Iran et dans d'autres pays du Moyen-Orient, les bahá'ís lavent le corps avec soin avant de l'envelopper dans un linceul de soie ou de coton blanc. Une bague bahá'íe d'enterrement est mise au doigt du défunt avant que son corps soit placé dans un cercueil fabriqué dans le matériau disponible le plus durable possible (par exemple, en pierre, en bois fin et dur ou en cristal). La dépouille est inhumée les pieds pointant vers la Terre sainte.

De plus en plus, ces façons de faire sont observées par tous les adeptes de la religion, sans égard au territoire d'appartenance. Cependant, dans tous les cas où un bahá'í originaire du Moyen-Orient meurt ici, la famille et la communauté bahá'íe veulent que le corps soit préparé et inhumé ainsi.

La cérémonie funèbre
Après consultation auprès des membres de la communauté bahá'íe locale, la cérémonie est organisée par la famille de la personne décédée. Chaque service est unique, mais présente un caractère simple et digne. La seule règle réside dans la récitation de la prière des morts, sur les lieux mêmes de la sépulture, et ce, juste avant l'inhumation de la dépouille. Cette prière, révélée par Bahá'u'lláh, est récitée par une seule personne, devant l'assistance qui reste debout.

Cette prière présente le défunt à Dieu et lui demande de l'accueillir auprès de lui. La formule «Abdu'l-Bahá», qui signifie «Dieu est toute gloire», est ensuite répétée six fois et certains versets marquant la foi en Dieu et lui rendant hommage sont récités 19 fois.

Des rencontres commémoratives sont souvent organisées après l'inhumation et quelques semaines après le décès. À ces occasions, les personnes présentes lisent des extraits des écrits saints de la foi bahá'íe et offrent leurs prières à Dieu. De telles rencontres ne sont toutefois pas prescrites par les lois bahá'íes.

Le lieu de la sépulture
Dans bien des pays, les communautés locales bahá'íes possèdent un cimetière ou une section de terrain dans un cimetière plus grand. Au Canada, où il y a très peu de sections de cimetières réservées à leur communauté, la plupart des bahá'ís utilisent les cimetières où il n'y a pas de restriction de race, de religion ou de nationalité.

Les bahá'ís peuvent apposer une pierre tombale sur les lieux de la sépulture. Ils peuvent y faire graver une étoile à neuf branches, avec ou sans le mot «bahá'íe» écrit au centre, ou encore, le mot « bahá'íe », sans étoile. Des citations des écrits saints bahá'ís peuvent également être inscrites sur la pierre.

Par Huguette Giard (1999).
Source: Judith Brown, membre de l'assemblée spirituelle de la communauté bahá'íe de Longueuil.