La tradition italienne porteuse de renouveau (suite)
La tradition italienne est bien ancrée dans l'histoire de ce peuple. En effet, on peut remonter à l'époque des catacombes de la Rome antique pour voir que des pratiques similaires à celles d'aujourd'hui avaient déjà cours. Les catacombes étaient ces « cimetières catholiques romains » où, dans de longues galeries souterraines, on plaçait les corps des défunts dans des niches creusées dans les parois. De nos jours, les cimetières de l'Italie présentent encore ces murs creusés de niches, mais ils sont à l'extérieur et les familles les fleurissent abondamment.

Il est de notoriété publique que les Italiens marquent de façon particulière et souvent grandiose les grandes étapes de la vie, surtout les naissances, les mariages et les enterrements. Leurs cortèges funèbres sont toujours accompagnés d'un nombre impressionnant de gerbes et de couronnes de fleurs et sont suivis par de nombreuses personnes. La cérémonie est presque toujours religieuse et le plus souvent célébrée à l'église. Elle est l'occasion de retrouvailles, et parfois même de réconciliations. Durant l'exposition au salon funéraire, parents et amis ne font pas qu'une simple visite ; il s'agit de véritables veillées funèbres.

Ce qu'on sait moins, par contre, c'est que les Italiens prévoient longtemps à l'avance le lieu et les détails de leur dernière demeure. L'importance accordée à cette étape de la vie se reflète dans les dépenses encourues à cette occasion. Il n'est pas rare de voir la famille s'endetter pour offrir au défunt une sépulture digne de lui. Les survivants ont l'habitude de porter le deuil pour une très longue période après le décès, parfois même toute la vie. Il arrive aussi que la dépouille mortelle soit trans-portée en Italie ou rapatriée de l'Italie au Québec, à grands frais, afin de réunir les familles par-delà la mort.

Depuis le début de la construction des mausolées du Repos Saint-François d'Assise en 1981, les familles italiennes demandent régulièrement un transfert des corps, inhumés en terre avant cette date, dans les enfeus des mausolées où les Italiens constituent environ 75 % de la clientèle. Ils apprécient, en effet, de pouvoir visiter leurs proches disparus en tout temps, à l'abri des intempéries.

Ce qui demeure le plus remarquable, c'est donc la fidélité avec laquelle, des années durant après le décès, les familles entières perpétuent le souvenir de leurs disparus en venant régulièrement les visiter et fleurir leurs tombes au lieu de leur dernier repos.

Par Agnès Baume (1992), mis à jour par Hugette Giard (1997).
Source: Le repos Saint-François d'Assise.