La tradition portugaise fondée sur une grande ferveur religieuse (suite)
Au Québec, surtout parce que tout se passe au salon funéraire, on se réunit plutôt après l'enterrement. Les funérailles elles-mêmes ont une grande importance et tous, parents et amis, s'efforcent d'y assister, car c'est leur présence qui compte - c'est elle qui marque l'amitié et le partage du deuil. Il existe même un dicton portugais voulant que l'on trouve ses vrais amis à l'hôpital ou aux funérailles.

Les Portugais s'attendent à ce que leur prêtre les accompagne dans le deuil et, au Portugal, il se rend là où est exposé le corps pour y faire lui-même la prière avec la famille. Si le corps ne peut être exposé à la maison, le prêtre reçoit le corps et la famille à l'église. C'est d'ailleurs lui qui dira la dernière prière au moment de fermer la tombe.

Ici, le prêtre qui dessert la communauté portugaise québécoise ne peut pas toujours être aussi présent qu'au Portugal. Et malgré tout, il se rend au salon funéraire la veille des funérailles pour prier avec la famille ou pour dire la dernière prière. Les familles portugaises tiennent aussi à ce que le prêtre les accompagne jusqu'au cimetière, coutume qui s'est conservée ici. Le prêtre est d'ailleurs invité à la réception donnée après l'enterrement quoique ses tâches et la grandeur du territoire, au Québec, l'empêchent souvent d'accepter cette invitation. Malgré cela, le prêtre portugais au Québec, tout comme au Portugal, reste très proche de ses fidèles.

Les Portugais aiment que tous les membres de la famille soient enterrés au même endroit. Si, par exemple, un père de famille a été enterré au Portugal avant que la famille émigre au Québec, la mère voudra aussi être enterrée là-bas. Le Portugal, c'est encore la terre-mère où l'on voudrait reposer en paix pour l'éternité. Avec les années cependant, à mesure que les familles portugaises s'implantent au Québec, les Portugais achètent ici des lots assez grands pour pouvoir y enterrer toute la famille, c'est-à-dire deux ou trois générations.

Par Marie-Andrée Dionne (1993).
Source : Père José Pimenta, Mission Santa Cruz.